Dominique
JULIEN
Fignon ! – Exercices d’admiration
Le pas d’Oiseau (Collection « Du petit véhicule »)
Année de parution : 2011
Le sous-titre l’indique clairement, ce court texte (110 pages tout de même), n’est pas une biographie mais bien un ensemble d’« exercices d’admiration ». Ne vous attendez donc pas à des
informations inédites pas plus qu’à de l’objectivité dans le traitement de la démonstration… et c’est tant mieux ! Dominique Julien parvient de cette manière au but qu’il se fixe, au final
n’importe quel passionné se retrouvera plus ou moins ici. Enfant, adolescent, nous avons tous été fan de tel ou tel champion, vibré à ses exploits, enragé face à ses défaites, célébré ses
victoires. Ces champions qui ont généré des rêves voire même des carrières, qui de se voir en jaune, vert ou en blanc à pois rouges selon ses inclinations. Notre homme allie talent et humour,
écriture vive et finesse d’esprit, sens critique et déraison, même quand il a recours à l’artillerie lourde il reste intelligent, la force de ces pages se trouve bien dans la capacité de
Dominique Julien à nous faire vivre sa passion, à faire jaillir en termes joliment troussés la nôtre. Aussi bien que n’importe quelle biographie ces lignes nous restituent l’image d’un vainqueur
qui fut également un commentateur de talent qui ne s’encombrait pas d’une langue de bois et dont l’un des mérites aura été de nous faire supporter l’insupportable : Thierry Adam ! Il y aurait
bien quelques remarques à faire, sur le dopage par exemple, parce que si « On ne fera jamais un cheval de course avec un cheval de bois », le dopage aura quand même réussi à faire de chevaux de
labour de véritables Pur Sang et à fausser un certain nombre de courses ! Mais contrairement à « Un maigrichon. La bouche pleine de grandes dents » ce n’est pas pour cela que l’on va brûler nos
idoles.
Il faut souligner également que « Les droits d’auteur de ce livre seront intégralement reversés à la Ligue anti-crabe », une initiative louable de l’écrivain qui force le respect. Je signalerai
enfin que l’ouvrage s’orne d’une préface de Paul Fournel, si après tout ça vous ne vous jetez pas sur ce « Fignon ! » c’est à en manger son vélo !!!
Pour conclure j’aimerais saluer l’éditeur de ce récit. Le Pas d’Oiseau sis à Toulouse s’est surtout spécialisé dans deux domaines qui ne
sont d’ailleurs pas étrangers l’un à l’autre : le cyclisme et les Pyrénées. Pour ce qui nous intéresse ici tous les genres sont visités, de la compétition au cyclotourisme, cela passant également
par la réédition de textes anciens savoureux comme par exemple le « Vélo ! Toro ! » d’Edouard de Perrodil chroniqué ici.
Quatrième couverture
Laurent Fignon était un pas pareil, un intello, un diplômé, un quant à soi. Il était plus intelligent que le peloton, il se faisait une tête avec ses lunettes de quartier latin, son catogan, son
bandeau blanc. C’était avant le temps du casque obligatoire et sa crinière blonde était à elle seule la marque de sa liberté.
C’est à Fignon dans la course que Dominique Julien s’attaque, il le fait voler en éclats pour mieux nous le rendre en entier… vivant en quelque sorte.
Paul Fournel
| ANNEES | KILOMETRES |
| 2009 | 2397 |
| 2010 | 9106 |
| 2011 | 7311 |
| 2012 | 5094 |